CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Le régionalisme en Amériques latines et Caraïbes est en constante évolution.
Contrairement à la construction européenne, qui avance par vagues successives d’élargissements territoriaux et d’approfondissements de ses politiques, la région latino-américaine s’organise par la création réitérée de regroupements sous régionaux qui s’embrouillent et se superposent donnant naissance à ce que la BID a dénommé un « spaghetti bowl ».
C’est dans ce contexte que, depuis les années 90, cette région a relancé des nouvelles dynamiques d’intégration avec des résultats divers, mais toutes animées d’une volonté supérieure de coopération.
Ce processus, connu comme le « nouveau régionalisme » des Amériques, bien que caractérisé essentiellement par l’intégration du commerce et l’accès aux marchés, a ajouté d’autres dimensions de coordination macroéconomique : intégration financière, intégration d’infrastructure physique et dimension environnementale.
Les principaux accords d’intégration sous régionale, en vigueur sont le Traité de Libre Commerce d’Amérique du Nord (TLCAN, ALENA en espagnol, NAFTA en anglais) ; le Marché Commun Centre-américain (MCCA) ; la Communauté Andine des Nations (CAN) et le Marché Commun du Sud (MERCOSUR) auxquels s’ajoute depuis 2001 l’ALBA, accord sans continuité territoriale mais à forte connotation idéologique.
Un accord à vocation extrarégional vers le Pacifique est apparu en 2011: L’Alliance du Pacifique nait de l’insatisfaction croissante à l’égard des blocs existants, estimés peu équitables par certains de leurs pays membres, ces bloc seraient à l’origine d’un ralentissement grave de leurs progrès ainsi qu’une absence d’ouverture et détermination. Le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili se sont alors organisés pour dynamiser leur insertion dans la zone Asie-Pacifique provoquant, de ce fait, un bouleversement dans les alliances sous régionales. Ce bloc est observé avec grande méfiance par le MERCOSUR, qui estime que son existence nuit l’axe Atlantique qu’il dominait jusque-là. Strict sens, cet accord récent concrétise deux stratégies différentes, voire opposées du développement régional : l’axe Atlantique, plutôt protectionniste dominé par le MERCOSUR, d’une part, et l’axe du Pacifique, plus libéral, à la recherche de nouveaux espaces et de nouveaux accords, d’autre part.
Ferme ce chapitre quelques mots sur l’émergence officielle, à la fin de 2015, du TPP, traité fort controversé dont ses objectifs et formes de travail créent de suspicions pas seulement entre plusieurs acteurs économiques de leurs Etats membres, essentiellement par l’asymétrie de leurs composants et leurs intérêts nationaux, mais aussi à l’intérieur d’autres Etats de la région.
Ce panorama régional s’est par ailleurs enrichi par l’avènement de deux mécanismes institutionnels récents, dont la création vise à trouver un fonctionnement plus fluide des accords d’intégration régionale :
- L’Union des Nations d’Amérique du Sud (UNASUR), communauté politique et économique formée en 2007, par les 12 pays de l’Amérique du Sud qui a pour objectif le développement d’un espace intégré dans les domaines politique, social, culturel, économique, financier, environnemental et en infrastructure. En cherchant à favoriser un modèle d’intégration plus équitable et harmonieux de l’ensemble de l’Amérique du Sud, elle incorpore les avancées et atouts des processus CAN et MERCOSUR, ainsi que l’expérience du Chili, Guyana et Surinam. Elle cherche également à fortifier l’identité propre de l’Amérique du Sud, son caractère multiethnique, multiculturel et plurilinguistique. Dans cette perspective, elle cherche, en articulant d’autres expériences d’intégration régionale, à renforcer toute la région pour lui conférer une majeure gravitation et représentation sur le plan international.
- La Communauté des Etats Latino-Américains et des Caraïbes (CELAC), est l’organisation supérieure de l’architecture institutionnelle régionale, amplement plus ambitieuse. Il s’agit d’un mécanisme intergouvernemental de dialogue et concertation politique permanente et un instrument de coopération Elle réunit l’ensemble des pays latino-américains américains (33 pays réunissant 600 millions d’habitants), en excluant le Canada et les Etats-Unis. Elle affiche par ailleurs, l’ambition de remplacer l’actuelle Organisation des Etats Américains (OEA) qu’elle considère dominée par les Etats-Unis.
En raison de la diversité des membres qui la composent, en son sein cohabitent des visions stratégiques contradictoires, voire antagonistes, sur le développement économique, notamment protectionnistes et libre-échangistes. Néanmoins, les dirigeants régionaux font preuve de beaucoup de pragmatique et de maturité en dialoguant collectivement, malgré leurs différences, sur tous les sujets nécessaires à l’intégration régionale. Ce qui explique que la CELAC soit devenue l’interlocutrice officielle de l’Union Européenne dans la région.
C’est donc la complexité de la réalité précédemment décrite qui nous conduit à nous organiser pour enquêter davantage sur l’ensemble des conséquences de l’émergence de cette région. Par ailleurs, cette démarche n’est pas motivée par un intérêt purement intellectuel. Elle l’est surtout par la volonté d’utiliser ce savoir comme un vecteur efficace de rapprochement UE/Amériques latines et Caraïbes tout en préservant les ouvertures vers le reste du monde. Cela présenterait, pour nos régions, un avantage certain à l’heure de la concurrence sur les marchés mondiaux.
Par ailleurs, le document sur les priorités stratégiques de la coopération signé par l’Union Européenne et l’Amérique latine pour la période 2007-2013 énonçait des objectifs communs, essentiellement en matière sociale et d’intégration régionale, et identifiait de façon fort classique, trois blocs géographiques (l’Isthme centre-américain, la Communauté Andine des Nations et le Mercosur) et deux pays avec lesquels existe un Traité de Coopération de dernière génération : le Mexique et le Chili.
Un deuxième volet du document concernerait l’information stratégique en matière politique, économique et sociale et incluait des projections sur de nombreuses composantes et variables.
En tout état de cause, dynamiser les relations entre les deux régions présuppose d’innover en matière d’information, de la rendre plus précise, opportune, adéquate et détaillée, en tenant compte d’une réalité beaucoup plus diverse et complexe concernant les options stratégiques globales et sectorielles.
Un partenariat étroit basé sur un dialogue permanent semble donc nécessaire afin d’identifier de façon plus précise et pertinente les interlocuteurs et bénéficiaires de la coopération.
Dans le cas de l’Asie et le reste du monde, les stratégies commerciales se font de manière différente et elles feront l’objet d’études spécifiques de nos recherches.
LE PROJET «PLATEFORME AMERIQUES LATINES ET CARAIBES»
GEOPALC, répond aux besoins nés de ses multiples dynamiques.
GEOPALC se veut un espace permanent ; une Plateforme ouverte et interactive d’échanges transnationaux de recherche; un « laboratoire d’idées » destiné à capitaliser et reproduire l’immense potentiel d’intelligences pluridisciplinaires de la région afin de formaliser des produits novateurs et prospectifs. Cette organisation a pour objectif d’offrir information, formation, débats, séminaires, conférences, publications, remettant en cause les idées reçues et dépassant les clivages partisans sur les relations internationales, les enjeux géopolitiques et les stratégies des acteurs prédominants des Amériques latines.
Pour ce faire, elle organise un réseau polyvalent et multidisciplinaire d’excellence constitué d’acteurs étatiques, entrepreneuriaux, chercheurs universitaires publics et privés, groupes de pression, médias, personnalités politiques et diplomatiques, tous capables de nourrir la réflexion et le jugement de décideurs institutionnels en proposant des solutions innovantes en matière de politiques publiques. De ce fait, sa vocation majeure est d’influer sur l’agenda politique et institutionnel.
ACTIVITES
- Recherche
- Conférences, Séminaires, Tables rondes, Symposium, Clubs thématiques de réflexion
- Cours et Stages de Formation
- Publications
- Partenariats académiques avec des Universités, Académies et autres Centres d’Etude et de Recherche, essentiellement, dans un premier temps, régionales latino-américains et européens.
- Etudes spécifiques sous demande.
BANQUE DE DONNEES
La constitution d’une banque de données d’excellence apparaît nécessaire. Pour ce faire, dans un premier temps, il conviendra de s’appuyer sur des études et documents officiels publiés par des spécialistes et organismes internationaux et régionaux, tels que :
- Rapports annuels de: OEA, BM, CEPALC, BID, OMC, CNUCED,…
- Panorama économique et social d’Amérique latine et des Caraïbes, CEPALC
- Rapports des Instituts régionaux des Relations Internationales régionaux, tels FLACSO, IRI,…
- Rapports régionaux des Ministères de Relations Internationales ou des Agences régionales.
- Suivi des sommets et réunions de travail des blocs régionaux et sous régionaux
- Rapports d’experts institutionnels et privés reconnus
- Programmes et projets de coopération institutionnelle internationale
STATUT JURIDIQUE
GEOPALC sera une Association régie par la loi française du 1er juillet 1901. Ce statut pourra être modifié en Association d’Intérêt Public ou en Fondation, par décision du Comté de Coordination intervenue en Assemblée Générale, dès que les conditions légales le permettront.
PARIS, Juillet 2015.
